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Françoise GUICHARD-TESSON, « Le métier de traducteur et de commentateur au XIV' siècle d'après Évrart de Conty » in Le Moyen français, 24-25 (1990) : p. 131-167
Résumé : D'après la traduction des Problemata d'Aristote par Evrart de Conty (médecin de Charles V, puis de la reine Blanche de Navarre), entreprise avant la mort de Charles V (1380) et achevée en 1399 (date à laquelle Louis d'Orléans en acquiert une copie). Le traducteur multiplie ses réflexions sur sa tâche et les difficultés auxquelles il s'est heurté. Pour lui, traduction et commentaire représentent deux opérations étroitement liées sinon indissociables.Evrart de Conty dut avoir entre les mains un ms contenant la traduction latine de Barthélemy de Messine (vers 1260) et le commentaire de Pierre d'Abano (achevé en 1310): c'est pourquoi le texte français de chacun des problèmes s'organise en texte et glose. Une fois la question posée, la réponse fournie par Aristote est rendue en des termes qui sont en général assez proches de la traduction de Barthélemy de Messine, c'est le texte. La partie glose est plus complexe puisqu'elle est à la fois traduction du commentaire de Pierre d'Abano et commentaire personnelde l'auteur, tant sur le texte d'Aristote que sur celui de Pierre d'Abano. Evrart sait qu'il se trouve en présence d'un texte à deux niveaux, mais il ne cherche pas à distinguer clairement le texte original et le commentaire. L'oeuvre qu'il traduit et commente est perçue comme un tout. Il se sent tiraillé par des exigences contradictoires de clarté et de fidélité.Au-delà d'une admiration presque sans réserve pour la parole d'Aristote et de suatres sages qui font autorité, Evrart fait preuve d'un véritable effort de compréhension et d'esprit critique. Cité dans Klapp 1991 n° 2162 Mots-clés : Traduction//Evrart de conty//Sources grecques aristote//Problemata: Aristote//Evrart de conty: problemata//Sources latines medievales//Réception de l'oeuvre//
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Anne-Marie LEGARé, « La réception du poème des Eschés amoureux et du Livre des Eschez amoureux moralisés dans les États bourguignons au XVe siècle » in Le Moyen Age, 113 (2007) : p. 591-611
Résumé : Résumé sur le site de la revue : Towards 1400, Évrart de Conty, Charles V’s doctor, wrote the Livre des Eschez amoureux moralisés from a text in verse, Les Eschés amoureux, which he himself had written some thirty years earlier. Évrart’s undertaking consisted of converting his long poem into prose and moralizing it. In both its versions, the work circulated in France, between Paris and Cognac, but also in Burgundian circles where it received a most favorable reception. Focusing our attention on the Duchy of Burgundy, we went in search of archival documents, of codicological, artistic and heraldic clues, enabling us to be more specific about the place where the illuminated specimens were produced, to track lost copies and to link a lost manuscript with the “témoin gamma” said to be the source of the Burgundian family of prose commentary.